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Ma vie trépidante et mon oeuvre qui l'est tout autant

23 avril 2009

Article cinquième. Quand écrire devient une thérapie.

Classé dans : Non classé — ritip0k @ 20:55

Il était une fois… Non. Ca part mal. Parce qu’il n’était pas une fois, mais bien au moins six milliards de fois. Parce que la vie n’est pas un conte de fée, mais un compte de faits. Un décompte plutôt. Parce que dès que tu nais, tu es voué à mourir. Les secondes passent, une à une, goutte après goutte, et, comme un acide, t’enlèvent au passage une poussière de ton existence en temps qu’être vivant sur cette Terre. C’est ainsi. Du coup, je ne sais pas comment commencer. Face à la feuille blanche, voilà une sensation bizarre que de vouloir à tout prix la remplir, comme si le blanc n’était pas joli. Enfin, joli, si on veut, pour certains ça fait mal aux yeux. Disons que ça a du charme. Remplir la feuille. Stresser comme un dingue pour vouloir remplir une putain de feuille, ne plus en dormir la nuit, chercher les mots justes, ceux qui frappent en pleine poitrine comme des poignards, ou ceux qui caressent les sens comme un voile de soie. Vouloir jouer les artistes, se sentir grand, plein de talent, fier de soi pour son œuvre qui n’est autre qu’une suite arithmétique (ou géométrique ou qu’importe tant qu’elle a une asymptote oblique en plus l’infini), une suite de lettres qui n’auront ni queue ni tête pour un chine-toc. Remplir une feuille quoi. À quoi bon ? Pourtant, ça fait du bien d’écrire, parfois, quand tu ne sais pas comment et à qui exprimer ce qui te ronge aux plus bas tréfonds de l’être, comme une énorme sangsue visqueuse avide de gober tout ce précieux liquide vital qui coule dans tes veines. Écrire pour continuer à jouer les hypocrites qui croient que la vie est un petit nuage rose bonbon barbe à papa flavour, à jouer les toxicomanes qui ont besoin chaque jour de leur seringue de sucre d’orge. Ecrire pour tromper l’ennui, le temps. Écrire pour écrire. Écrire pour s’empêcher de sombrer dans la démence la plus totale. Mais écrire quoi ? Écrire une vie ? Non merci je n’écris pas un journal intime. J’ai juste besoin d’écrire, de remplir cette feuille blanche comme une danseuse perfectionniste à tendance obsessionnelle a besoin de parfaire le moindre mouvement, la moindre attitude pour se sentir enfin bien, enfin complète. Enfin entière. J’écris pour rassembler ces petits bouts de moi qui se sont éparpillés. J’écris pour reconstituer le puzzle. J’écris pour arriver demain à me regarder dans le miroir et me dire que je ne suis pas un cas désespéré. J’écris parce que je ne me sens pas capable de faire autre chose. Je suis une égoïste. J’ai envie de composer un texte choquant, répugnant, horriblement scandaleux et qui va faire un ravage. Je me sens d’humeur à chambouler toute une génération, voire même deux ou trois. Parce que la société est devenue grégaire, c’est le paroxysme du syndrome du mouton. J’en deviens malade, je n’ai même plus envie de me lever pour aller au lycée le matin, pour voir toujours ces même visages, entre toujours ces mêmes voix, répéter toujours les mêmes propos, et voir des clones fringués tous pareils. J’ai envie qu’on se souvienne de moi comme de quelqu’un qui aura voulu être plus différente que tous les gens différents. Comme de quelqu’un qui aura eu raison d’exister, de se mouvoir, de manger, de dormir, de respirer, de réfléchir, de ressentir, de marcher, de courir, de rêver, de désirer, de cligner des yeux, de parler, de chanter, de danser, d’apprendre, de dessiner, d’aimer, de vivre, de vivre tout simplement, jusqu’à sa dernière seconde, jusqu’à son dernier souffle. Je ne veux pas briller sous le feu des projecteurs. Je n’ai pas la prétention d’écrire à la perfection. Je veux juste avoir eu raison de naître. Pour quelle raison naissons-nous ? Pour quelle raison nos parents nous désirent-ils, alors que plus tard ils finissent par s’en mordre les doigts et croupissent, seuls, expirant dans une maison de retraite à l’abri des regards aveugles de centaines de vieux qui leurs sont semblables ? Pour quelles raisons aimons-nous ? Pourquoi aimes-tu ? Pourquoi t’aimé-je ? Quelle est cette étrangeté qui pousse l’homme à s’enticher et à s’attacher d’une potiche qui fera sa popote devant une cuisinière ? Ca consomme trop de gaz, voyons. Pourquoi, d’un seul coup, sans qu’on le décide, on devient niais au possible parce que son cœur se met à battre au même tempo que celui de son âme-sœur ? À quoi ça sert l’amour ? Pourquoi le recherche-t-on toujours alors que quand ça finit on en devient triste, triste à en pleurer, triste à penser qu’il faut se retirer du monde et à mourir de dedans et de dehors ? Pourquoi ?

2 réponses à “Article cinquième. Quand écrire devient une thérapie.”

  1. oui.

    partie comme ça tu vas démonter les murs de briques boulons à boulons. désincarner les molécules et organiser la métempsycose de l’écriture. va, cours, vole! tutoie l’alphabet! ouais, en écrivant comme ça tu peux ÉCRIRE.

    je serais heureux de t’accueillir dans un lieu de folie qu’on nommera « la cour des grands », parce qu’elle n’existe pas encore, ou bien avec personne d’assez proche de nous… on va s’inventer une généalogie et une raison d’exister, des feuilles de doutes et des épluchures d’existentiel.

    tout a fait.

    ouais, merde, merdre, erdre, rdrem, dream!

  2. oooooooooooh ! bah non ! bah non ! bah non ! tu publies plus rien… et qui je lis moi, des nuls comme victor hugo ? des ratés comme baudelaire ? rien n’égale ce que l’on désire et je désire une littérature de mon temps, fais la avec moi, steuple ! à part ça, je suis désolé, mais je surveille mon forfait un peu mieux que ma ligne maintenant (en une semaine j’en ai épuisé les deux tiers, j’ai donc décidé de retenir un peu la réponse qui germait dans mon crâne… « vladivostok ? », j’espère que tu ne m’en voudras pas trop…)

    bon, après on a des phases hein… et je suis aussi farouchement oppossé au « nulla dies sine linea » auquel je préfère « nulla dies sine laborem… » plus concret. je n’ai toujours rien écrit aujourd’hui d’ailleurs… un conseil, n’écris pas pour ceux qui pourraient te lire, on ne lit jamais que ceux qui écrivent pour eux-mêmes, pour se soigner, enfin… c’est beaucoup une question de point de vue mais moi je pense comme ça… (je suis toujours pas très avancé vis-à-vis de ma théorie vis-à-vis de l’écriture, de ma conception du monde, j’ai qu’une petite dizaine de pages de brouillon mais je sais que j’ai éparpillé pas mal d’idées dans · il · et que je pourrais toujours retrouver et réinventer spontanément mes heures passées à travailler un monde, donc un de ces jours il y aura peut-être un livre qui explique tout ça, un vrai livre, ça me semble très important, d’ailleurs faut faire un peu chuuuut, parce que c’est très à l’état de pas avancement du tout…)

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